Le gluten et ses traces génétiques

Articles, Alimentation, Santé

24 juin 2019

C’est quoi le gluten au juste ?

Le gluten est une protéine que l’on retrouve dans certaines céréales, dont le blé, le seigle et l’orge. C’est lui qui donne leur forme et leur élasticité aux produits de boulangerie. De façon générale, le gluten est omniprésent dans l’alimentation des Canadiens étant donné sa présence dans les produits de blé et dans de nombreux produits transformés.

 

Quelles sont les maladies causées par le gluten ?

La maladie cœliaque est une condition auto-immune qui implique une réaction prononcée au gluten. Chez les gens atteints, la consommation de gluten entraînera à long terme des dommages importants à la paroi du système digestif. Des symptômes très variés peuvent être observés chez les gens souffrant de maladie cœliaque, y compris la perte de poids, des douleurs abdominales, des lésions cutanées ou des carences alimentaires. Il n’existe pas de traitement pour cette condition. Le seul moyen d’éliminer les symptômes est d’éliminer complètement le gluten de l’alimentation. Seulement 1 % des Canadiens sont atteints de la maladie cœliaque.[1]

L’intolérance au gluten ou la sensibilité au gluten non cœliaque est une condition tout autre qui peut également présenter des symptômes très variés, allant des troubles digestifs (ballonnements, crampes, nausées) à des problèmes extra-intestinaux tels que des douleurs articulaires, des éruptions cutanées, de la fatigue généralisée et des maux de tête. Le principal élément qui distingue la sensibilité au gluten non cœliaque de la maladie cœliaque est l’absence de réaction du système immunitaire. On estime à 6 % le nombre de Canadiens atteints de sensibilité au gluten non cœliaque. Il faut toutefois préciser que cette condition est difficile à diagnostiquer et est souvent autodéclarée, donc les statistiques sont plutôt approximatives.[2]

Il existe d’autres conditions associées au gluten, mais elles sont très rares.

 

Attention, le gluten n’est pas toujours en cause ! 

Les produits de blé, qui contiennent tous du gluten, peuvent également causer des inconforts digestifs qui seraient liés à un tout autre nutriment présent dans ces produits. En effet, les fructanes sont un type de glucides que l’on retrouve entre autres dans les produits de blé. Chez certaines personnes, les fructanes peuvent causer des symptômes d’intolérance digestive lorsqu’ils sont consommés en grande quantité.

 

Comment pose-t-on le diagnostic ?

Le diagnostic de maladie cœliaque se fait en plusieurs étapes. Au moins quatre des facteurs suivants doivent être observés pour confirmer le diagnostic.[1]

  • Présence d’anticorps dans le sang associés à une réponse immunitaire au gluten
  • Présence de symptômes associés à la maladie cœliaque
  • Présence de marqueurs génétiques associés à la maladie cœliaque
  • Biopsie du petit intestin montrant des dommages à la paroi intestinale ou la présence de cellules du système immunitaire
  • Amélioration des niveaux d’anticorps sanguins ou des symptômes lors de l’adoption d’un régime sans gluten

La maladie cœliaque peut se développer à n’importe quel moment de la vie. Pour la plupart des gens, le diagnostic survient entre 40 et 60 ans.[3]

L’intolérance au gluten, en contrepartie, est diagnostiquée par une combinaison de tests négatifs pour la maladie cœliaque et une amélioration significative des symptômes lorsqu’on retire le gluten de l’alimentation.

 

À quoi sert le test génétique ?

Des variations génétiques spécifiques, soit HLA-DQ2 ou HLA-DQ8, sont présentes chez pratiquement tous les individus souffrant de maladie cœliaque. En l’absence de ces deux variations génétiques, le risque de maladie cœliaque est si faible qu’on peut pratiquement l’éliminer.[1] Chez les personnes dont un membre de la famille du premier degré est atteint de la maladie cœliaque ou qui sont atteintes du syndrome de Down (trisomie) ou d’une maladie auto-immune, le risque de maladie cœliaque est significativement plus grand. Le test génétique peut donc être particulièrement utile pour éliminer toute inquiétude.

Pour être valides, les dosages sanguins d’anticorps utilisés pour le diagnostic requièrent qu’il y ait eu consommation importante de gluten dans les semaines précédant le dosage. Chez les individus qui ont déjà éliminé le gluten de leur alimentation pour améliorer leur qualité de vie, il peut être décourageant de réintroduire le gluten (d’une demi-tranche à cinq tranches de pain par jour pendant quelques semaines, voire quelques mois!) et de ressentir les symptômes de la maladie simplement pour se préparer à un test sanguin.

Puisque les effets de la maladie cœliaque varient grandement d’un individu à l’autre et que les symptômes s’apparentent souvent à ceux d’autres conditions, le délai moyen de diagnostic est de 12 ans.[4,5] Cela implique plusieurs années d’inconfort et de risque de développer des complications liées à la maladie comme des carences alimentaires. L’information fournie par un test génétique peut aider à orienter les investigations du médecin en cas d’apparition de symptômes. 

 

Faut-il bannir le gluten ?

Absolument pas. À moins de souffrir d’une condition associée à la consommation de gluten, il est déconseillé d’éliminer le gluten de son alimentation. Cela implique la restriction de plusieurs aliments, ce qui pourrait augmenter le risque de souffrir de carences alimentaires. C’est pourquoi un régime sans gluten, lorsqu’il est nécessaire, est habituellement adopté sous la supervision d’un professionnel de la santé. 

 

Catherine Vézina

Nutritionniste

Fière représentante de la nouvelle génération de nutritionnistes, Catherine met à profit ses connaissances théoriques et pratiques pour conseiller judicieusement les patients de BiogeniQ. Elle veille notamment à leur expliquer leur résultat au test de nutrigénomique, en prenant soin de mettre celui-ci en perspective avec leurs habitudes de vie. Elle rédige également des articles et d’autres contenus portant sur la nutrition.

 

Références 

[1] Fondation québécoise de la maladie cœliaque. Diagnostic, [En ligne], 2015, [https://fqmc.org/professionnels-de-la-sante/diagnostic-3#K] (Consulté le 15 mai 2019). 

[2] Cranney A., Zarkadas M., Graham I. et coll. « The Canadian Celiac Health Survey », Digestive diseases and science, vol. 87, février 2007, p. 1087-1095. [https://doi.org/10.1007/s10620-006-9258-2]

[3] Agriculture et Agroalimentaire Canada. Les allégations sans gluten sur le marché, [En ligne], mis à jour le 10 novembre 2017. [http://www.agr.gc.ca/eng/industry-markets-and-trade/canadian-agri-food-sector-intelligence/processed-food-and-beverages/trends-and-market-opportunities-for-the-food-processing-sector/gluten-free-claims-in-the-marketplace/?id=1397673574797] (Consulté le 15 mai 2019). 

[4] Canadian Society of Intestinal Research. Celiac disease: Still vastly under-diagnosed, [En ligne], 2009. [https://www.badgut.org/information-centre/a-z-digestive-topics/celiac-disease-still-vastly-under-diagnosed/] (Consulté le 15 mai 2019). 

[5] Santé Canada. La maladie cœliaque - le lien au gluten, ­[En ligne], 2009. [https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/aliments-nutrition/rapports-publications/salubrite-aliments/maladie-coeliaque-lien-gluten.html] (Consulté le 15 mai 2019).