La santé du ventre, pour une bonne santé mentale

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21 août 2017

Connaissez-vous la psychiatrie nutritionnelle? Un nouveau champ d’expertise, qui tente de développer des modèles explicatifs de la relation entre le cerveau et nos tripes en plus d’étudier l’adaptation alimentaire en fonction de certains troubles de santé mentale. En effet, la dépression et certains troubles d’anxiété pourraient un jour peut-être se traiter et être en partie prévenus par l’alimentation plutôt que l’intervention pharmacologique. Ce champ d’études a pris de l’expansion lorsque les oméga-3 et le folate ont été découverts comme étant utiles dans le traitement et la prévention de troubles de l’humeur, il y a de ça plus de dix ans1. Bien entendu, la psychiatrie nutritionnelle ne se limite pas qu’à l’étude de l’interaction d’un nutriment, un supplément ou d’un type d’aliment pour tirer des conclusions. L’accent se fixe sur l’ensemble d’une diète puisque comme vous et moi, notre alimentation peut être assez variée de jour en jour et d’une saison à une autre.

Comment l’alimentation influence le cerveau?

Entre 2010 et 2014, les scientifiques ont commencé à s’intéresser à la flore intestinale et à la communication entre cette flore et le cerveau. Nous commencions à peine à comprendre que cette masse de 2 kg de bactéries, contenant plus d’ADN que tout notre propre corps5, était cachée au fin fond de nos entrailles. Cette dernière avait une influence notable sur notre santé et notre bien-être psychologique. Une question persistait, comment des bactéries pouvaient-elles influencer nos comportements et notre santé mentale? Un article publié en mai 20142 dans le Journal of Neuroscience éclaira certaines questions. En manipulant le système nerveux du système digestif des rats, ils ont déconnecté le nerf qui fait le lien entre les organes digestifs et le cerveau. Ils ont ensuite réalisé que les rats étaient moins anxieux concluant que les intestins jouaient un rôle important dans la gestion émotionnelle. D’autres études3, 4 ont mis en évidence que ces fameuses bactéries de la flore intestinale pouvaient influencer le cerveau en libérant des substances chimiques appelées neurotransmetteurs qui activaient la communication entre le cerveau et le système digestif. En grande quantité certains neurotransmetteurs comme le GABA influençaient le comportement d’anxiété ou de dépression.

Article : Le lien entre le TDAH et la nutrition

Une flore bactérienne heureuse, la route vers le bonheur!

Ainsi, comme vous avez pu le comprendre, bien s’occuper de son ventre aide au bien-être mental. Comment faire pour s’assurer de ce bien-être? Les spécialistes en la matière se sont penchés sur la question. Parmi les recommandations, nous retrouvons une alimentation riche en légumes (surtout) et fruits, une consommation limité d’aliments transformésne consommation limité de viande rouge7.

De nouvelles connaissances dans le domaine nous indiquent que les aliments fermentés comme le kéfir, le kombucha et le kimchi, feraient partie d’une alimentation saine pour la flore intestinale5. En cas de prise d’antibiotique, la prise de probiotiques pour repeupler notre flore devient aussi un incontournable.

Pour conclure, la compréhension des liens qui unit le cerveau et le ventre nous permet donc d’apprécier davantage une alimentation saine et diversifiée, étant donné que celle-ci est autant bonne pour le corps que l’esprit.

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Anaïs Beaupré

Diplômée de l’Université de Montréal en Sciences Biomédicales en 2011, elle détient aussi un certificat en art et sciences profil neuropsychologie et bientôt une maitrise en Neurosciences. Elle a ensuite décidé de s’orientée dans le domaine de l’enseignement. Pendant 4 ans elle fut chargée de cours de physiologie et d’anatomie à l’Académie d’ostéopathie de Montréal et depuis janvier dernier elle est aussi chargée de cours à l’Université de Sherbrooke (campus Longueuil). Sa passion, rendre accessible la science en la vulgarisant pour la rendre intéressante et faire naître des passions chez certains de ses lecteurs ou auditeurs

 

 Rérérences : 

1 : Jacka, F. N. (2017). Nutritional Psychiatry: Where to Next? EBioMedicine.

2 : Klarer, M., Arnold, M., Günther, L., Winter, C., Langhans, W., & Meyer, U. (2014). Gut vagal afferents differentially modulate innate anxiety and learned fear. Journal of Neuroscience, 34(21), 7067-7076.

3 : Foster, J. A., & Neufeld, K. A. M. (2013). Gut–brain axis: how the microbiome influences anxiety and depression. Trends in neurosciences, 36(5), 305-312.

4 : Stefano, G. B., Ptacek, R., Raboch, J., & Kream, R. M. (2017). Microbiome: A Potential Component in the Origin of Mental Disorders. Medical Science Monitor, 23, 3039-3043.

5 : Desautels-Marissal, M. (2016). Milles milliards d’amies-Comprendre et nourrir son microbiome, Éditions Cardinal, 216 pages

6 : http://ici.radio-canada.ca/tele/decouverte/2015-2016/episodes/360504/microbiote (27 septembre 2015)

7 : http://www.extenso.org/au-quotidien/manger-sainement/