La caféine : ennemie ou alliée?

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7 mars 2017

Que ce soit dans la routine matinale, en contexte social, pour terminer un repas, pour se réchauffer ou encore pour se réveiller, le café ou le thé s’insère dans le quotidien de plusieurs d’entre nous. Sachez aussi que les boissons gazeuses de type cola, les boissons énergisantes et le chocolat noir contiennent également de la caféine en quantité variable.

LES EFFETS DE LA CAFÉINE SUR LE CORPS

La caféine est le psychostimulant le plus consommé dans le monde (Cornelis 2006). Certains disent que le café est bon pour la santé alors que d’autres soutiennent l’inverse (Cornelis 2014). Avec la quantité d’informations aujourd’hui disponible au bout de nos doigts, il devient difficile de savoir qui et quoi croire. Parfois, les réponses ne sont pas aussi simples qu’on pourrait le souhaiter. Comme vous pouvez vous en douter, c’est le cas de la caféine. En plus d’être un stimulant du système nerveux central, la caféine agit également sur le système cardiovasculaire. Lorsque consommée de manière sporadique, la caféine augmente la pression artérielle et dilate les vaisseaux sanguins (Yang 2010). À long terme, les effets cardiovasculaires d’une consommation fréquente de caféine ont été un sujet beaucoup plus débattu (Cornelis 2014).

VOTRE ADN INFLUENCE VOTRE RÉPONSE À LA CAFÉINE

Bien que l’âge, l’accoutumance, le tabagisme et la prise de médicaments influencent la réponse de chacun à la caféine, la génétique représente aussi une pièce importante du casse-tête. En effet, la vitesse d’élimination peut être jusqu’à 40 fois plus rapide ou plus lente d’un individu à l’autre selon leur code génétique (Kalow and Tang 1991; Kashuba et al. 1998).

Brièvement, après avoir été absorbée par le système digestif, la caféine se retrouve en circulation dans le sang et passe au travers du foie. Dans cet organe se retrouve l’enzyme CYP1A2, codée par notre ADN, qui est responsable de métaboliser la caféine pour l’éliminer graduellement (Cornelis 2006).

Il a été démontré que les métaboliseurs lents et intermédiaires, pour qui la caféine demeure active plus longtemps dans le corps, sont plus à risque de développer de l’hypertension et de faire un infarctus du myocarde si leur consommation habituelle de caféine est supérieure à 200mg par jour. À l’opposé, les métaboliseurs rapides verraient un effet positif ou nul sur la pression artérielle et les risques de crise cardiaque avec une consommation de 100 à 400mg de caféine par jour (Cornelis 2006 et Palatini 2009). De quel groupe faites-vous partie?

UN TEST GÉNÉTIQUE POUR CONNAÎTRE VOTRE STATUT

Avec l’aide d’un test génétique, il est maintenant possible de savoir si vous êtes un métaboliseur lent, intermédiaire ou rapide de la caféine. Le test Profil Nutrition de BiogeniQ vous fournit non seulement les indications sur votre profil génétique, mais aussi des recommandations précises et personnalisées afin d’optimiser votre santé et vos habitudes actuelles.

Sachant ceci, je parie que vous regarderez votre prochaine tasse de café d’un œil bien différent. S’agit-il d’une alliée ou plutôt d’une ennemie à votre santé cardiovasculaire?

QU’EST-CE QUE LA NUTRIGÉNOMIQUE ?

La nutrigénomique, ou nutrigénétique, est la science qui étudie les interactions entre les gènes et la nourriture que l’on consomme. Les avancées dans ce domaine permettent maintenant de conseiller et d’encadrer chaque individu pour optimiser son alimentation selon ses dispositions génétiques.

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Références

Cornelis, M.C., et al. Coffee, CYP1A2 Genotype, and Risk of Myocardial Infarction. JAMA 295, 1135-41 (2006).

Cornelis, M. C. Gene-coffee interactions and health. Current Nutrition Reports, 3(3), 178-195 (2014).

Kalow W, Tang BK. Use of caffeine metabolite ratios to explore CYP1A2 and xanthine oxidase activities. Clin Pharmacol Ther 50:508–519 (1991).

Kashuba AD, et al. Quantitation of three-month intraindividual variability and influence of sex and menstrual cycle phase on CYP1A2, N-acetyltransferase-2, and xanthine oxidase activity determined with caffeine phenotyping. Clin Pharmacol Ther 63:540–551 (1998).

Palatini, P., et al. CYP1A2 genotype modifies the association between coffee intake and the risk of hypertension. J Hypertens 27, 1594-601 (2009).

Yang, A. et al. Genetics of caffeine consumption and responses to caffeine. Psychopharmacology, 211(3), 245-257 (2010).