Quand un entrepreneur surmonte le TDAH

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19 septembre 2016

Connaissez-vous Christian Genest ?

Fondateur de Sushi-Taxi, une entreprise lancée il y a 15 ans dans son appartement et vendue en mars dernier. Il en remet avec la création d'une deuxième entreprise : Buddha-station, bols santé pour gens pressés. À mi-chemin entre la salade et le bol protéiné, ces repas se commandent en ligne et sont distribués chez des marchands-collaborateurs à proximité.

Ce que vous ne savez peut-être pas, c’est que Christian Genest souffre d’un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité, mieux connu sous l’acronyme TDAH.

Aujourd’hui un entrepreneur à succès, Christian a d’abord eu à surmonter de nombreuses embûches avant de parvenir à ses fins. Il a d’abord traversé la sensation d’échec qui l’a envahie au moment du premier diagnostic. Alors âgé de 17 ans, l’étudiant compétitif terminait ses études secondaires, entre les séances de sport.

Son premier réflexe : se concentrer sur le sport et l’activité physique afin de se vider l’esprit. Il ne souhaitait pas prendre de médication. Éventuellement, des tâches simples se sont transformées en missions presque impossibles : lire, écouter un film sans s’endormir, demeurer calme pendant un cours, conduire prudemment. Ses distractions occasionnaient divers incidents comme des pertes de clés et de passeport, ou certains de plus grande envergure, comme des accrochages avec sa voiture.

En tant qu’athlète, Christian a eu la chance de rencontrer une psychologue sportive pour l’aider à se préparer pour ses compétitions. De fil en aiguille, les conversations se sont tournées vers le TDAH. La professionnelle de la santé est devenue une mentore-coach de vie pour le jeune adolescent : elle l’a amené à comprendre que la médication pourrait l’aider et améliorer son bien-être mental.

Un processus de choix du meilleur médicament s’est enclenché, mais ce n’était pas parfait immédiatement. Christian a dû remplacer la molécule à quelques reprises et ajuster la dose en fonction de la progression. Son médecin lui apportait de l’aide précieuse et son jugement jouait un rôle important dans le succès du traitement. Lors de ce processus, il comparait sa concentration et ses changements d’attitude selon le médicament afin de procéder au suivi de ses progrès.

Dans le cas de Christian, la médication ne constitue pas le seul facteur de réussite. Il s’entraîne 5 jours par semaine et ne prend presque pas d’alcool. Il médite quinze minutes tous les matins. Le sport et son mode de vie lui permettent de se recentrer, se calmer, mettre les choses en perspectives et surtout… être concentré.

Ses conseils pour les personnes diagnostiquées du TDAH

Ultimement, l’entrepreneur mentionne qu’il n’aurait pas obtenu autant de succès au sein de ses deux compagnies s’il n’avait pas été médicamenté : « un entrepreneur passe par un chemin difficile sur le plan émotif et structurel, à mon avis, les gens qui font le choix de ne pas prendre de médication, s’ajoutent de nombreux défis et allongent l’atteinte de leurs objectifs, quels qu’ils soient. »

Les tabous et stéréotypes envers les individus ayant un TDAH demeurent terribles. Christian encourage les individus diagnostiqués à poursuivre :

« Foncez. Vous avez autant, sinon plus de “skills” que tout le monde. Le futur entrepreneur TDAH a un flair que monsieur-madame tout le monde n’a certainement pas. »