5 trucs pour bien communiquer avec une personne atteinte du cancer

Cancer, Articles

11 décembre 2017

#1 : La maladresse

Tout d'abord, il faut s'accorder le droit à la maladresse et à l'erreur, cela fera tomber la pression. Un de mes trucs préférés est de dire "tu sais, je ne veux pas te blesser, dis-le moi si je dis ou fais une maladresse". Dans le pire des cas, il est toujours possible de s'excuser.

#2 : Les veilles chicanes
Si vous êtes en froid, que vous ne vous parlez plus depuis quelques temps et que vous avez besoin de la rencontrer ou de renouer, ne forcez pas la relation, mais annoncez vos souhaits à ses proches, sans insister. Quand la personne sera prête, ce sera à elle de vous le faire savoir. Il est possible que de vieilles histoires se dénouent, mais il est aussi possible que votre ami ne soit jamais prêt à faire face. Respectez son choix et celui de ses proches. 

#3 : La technologie

Par contre, si vous êtes parmi ses amis proches, il faut garder le contact, malgré les impératifs de la maladie. De nos jours, il y a plusieurs moyens de communiquer. Quand le système immunitaire de la personne est fragile et qu’il est impossible de rendre visite à cette personne, on peut utiliser les courriels, messenger, FaceTime, le bon vieux téléphone et le courrier traditionnel. Maintenez le lien, la relation, en respectant la disponibilité et la fatigue de votre ami.

#4 : Les petites attentions

Lors de vos rencontres, soyez simple, authentique, souriant avec un regard bienveillant. Portez une attention spéciale aux odeurs que vous dégagez tels la cigarette, les odeurs de cuisson ou les parfums. La chimiothérapie rend le sens olfactif hyper-sensible. Évitez les disputes, les emportements. La douleur et la détresse engendrées par la maladie l'épuisent. Un climat semblable n’aiderait pas la situation.

#5 : Les bonnes blagues

L'humour bien dosé peut être un atout, cela peut alléger le climat.  Parler à la personne et non juste au malade. Il n’est pas nécessaire de toujours parler que de la maladie Les rencontres peuvent être légères et parler de tout et de rien. Cependant, les mots cancer, traitements, douleur, tristesse, colère, morphine et mort ne sont pas des sujets tabous. Au contraire votre ami s'ouvrira plus facilement. 

N'oubliez pas de vous accorder le droit à la maladresse et à l'erreur. On peut toujours s'excuser. La VRAIE maladresse serait d'éviter votre ami par peur de gaffer.

 

L’histoire de ma mère, quand la maladresse se mêle à la maladie

Fin août, souvenir de ma mère qui m'avait demandé de l'accompagner lors de sa visite chez l'oncologue. Maman désirait que je sois à ses côtés ; elle se doutait que les nouvelles ne seraient pas bonnes et voulait s'assurer que nous soyons deux pour bien comprendre ce qui lui serait annoncé. 


Maman avait eu un premier cancer du sein 12 ans plus tôt. Cancer qu'elle avait réussi à contrôler plus de 10 ans. Voici qu'on nous annonçait qu'il y avait récidive et que cette fois, il n'y avait rien d'autre à faire que de traiter la douleur. L'oncologue nous demandait d'aller au CLSC, en sortant de son bureau. Prescription de morphine entre les mains, sous le choc,  il fallait aller s'inscrire pour avoir du soutien à domicile.

On se présente au deuxième étage du CLSC, une amie à maman lui tombe dans les bras en pleurant. Son fils s'est suicidé et elle est dévastée, elle ignore totalement pourquoi nous sommes au CLSC. Maman tente maladroitement de lui donner un peu de support. Incapable de raconter sa propre histoire. Pourtant elle et moi sommes encore sonnées par le diagnostic qu'on vient tout juste d'apprendre. 

On nous demande de patienter que l'intervenante soit disponible. On s'assoit dans la salle d'attente. On attend, c'est long. Trop long, la gorge nouée toutes deux, les mots se font rares et l'atmosphère est lourde. Quelqu'un arrive et efface la pensée du jour au tableau noir. Elle y inscrit en gros caractères "Cessez de regarder le passé, tournez-vous vers l'avenir". Mes yeux s'emplissent d'eau tandis  que les yeux bleus de mamans laissent couler une larme, qu'elle s'empresse de camoufler. Nous sommes dans une salle d'attente, nous tentons toutes deux de retenir le trop plein d'émotions. 

Que de maladresses en si peu de temps. Alors que maman avait besoin d'être entendue. Pourtant, ni sa copine qui vivait le deuil de son fils ni la responsable de choisir la pensée du jour, n'avaient de mauvaises intentions. Il est tellement facile d'être maladroit avec la maladie, le cancer, les pronostics de fin de vie. La personne, la famille et les proches sont à fleur de peau, d'une sensibilité hors du commun. 

N’hésitez pas à nous partager vos trucs et astuces.

 

Louise Dorais-Mercier